La photo-thérapie fait parler d’elle. Véritable tournant dans la façon de soigner les maux, elle propose une approche différente de la représentation des corps en psychologie. Plongeons-nous dans son histoire ! 

Cette pratique trouve son origine dans la psychothérapie, terme inventé  en 1891 par le médecin Bernheim. Contrairement à la psychologie classique, elle ne soigne pas les maladies mentales mais s’intéresse aux troubles psychologiques que le patient peut ressentir sans être diagnostiqué comme étant souffrant. La psychothérapie va alors se pencher sur l’aspect émotionnel et va aider le patient à surmonter un blocage mental qui l’empêche de se sentir bien dans son environnement, dans son esprit ou encore dans son corps. Différents procédés et méthodes sont mis en place pour aider les patients, comme l’Art-thérapie. 

L’Art-thérapie maintient ce processus de soutien et s’adresse à un public large. La psychologie par l’art tire de nombreux enseignements des philosophes qui, sans nommer directement cet aspect, ont évoqué la confiance dans de nombreux ouvrages. Les travaux de Freud par exemple prouveront que la pratique créative permet une certaine libération mentale. Le patient peut ainsi exprimer ses douleurs ou peurs, en se détachant parfois de maux intimes : « l’œuvre créait le créateur ».

Ici nous nous sommes particulièrement penchés sur la question de la photographie et du rapport au corps, démontrant les effets positifs et bénéfiques sur la santé mentale et la confiance des individus. 

La photo-thérapie appartient aux arts-plastique qui visent à mettre en valeur les formes. Le but étant de laisser s’exprimer le patient en le guidant pour qu’il se libère. Le photo-thérapeute connaît son matériel, qu’il maîtrise parfaitement. Néanmoins, il n’a pas connaissance de l’histoire personnelle du patient. L’instauration d’un dialogue est ainsi indispensable avant de passer à l’acte de photographier. Le photographe va immortaliser un corps, qui est  « la synthèse vivante de nos expériences émotionnelles » d’après le psychiatre Paul Schilder

La photo-thérapie est un réel accompagnement afin de tirer le meilleur du modèle. Elle ne recherche pas forcément le beau, elle construit une image, une révélation de l’individu qui va se découvrir sous un angle inédit. Le photographe offre sa confiance au modèle, il va l’encourager. Nous pouvons établir un lien avec la pensée de Françoise Dolto, pédiatre, qui disait que « l’image du corps est fondamentalement inconsciente et se révèle dans le rapport à l’autre »

Le philosophe Charles Pépin démontre aussi que l’échec n’est pas vu comme négatif, au contraire cela permet de s’améliorer et c’est là le but de la photo-thérapie. Dans une interview donnée sur France Info, il dira que « le doute est noble », et qu’il est important d’apprendre à faire avec ses interrogations et ses peurs qui sont des « énergies, des combustibles » qui nous font évoluer et avancer.

La photo-thérapie prend source dans divers domaines, allant de la philosophie à la psychiatrie et la psychologie. Elle tend à aider des personnes qui, abîmées, cherchent à retrouver de l’estime pour leur corps mais aussi, comme nous l’avons vu, pour leur esprit grâce à un art. 

Océane Borgella

Brun, Anne. « Historique de la médiation artistique dans la psychothérapie psychanalytique », Psychologie clinique et projective, vol. 11, no. 1, 2005, pp. 323-344.

Feral, Élise. « Approche théorico-clinique du concept d’image du corps », Le Journal des psychologues, vol. 329, no. 6, 2015, pp. 48-52.

Charles Pépin. « La confiance en soi se conquiert vraiment dans la relation avec les autres ».

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