Maelys Thomazeau-Agullo, plus connue sous le pseudonyme « Ivannalys », est une jeune photographe lilloise, suivie par plus de 35 800 personnes sur Instagram. Passionnée par la photographie « depuis des lustres », elle est devenue photographe professionnelle il y a bientôt trois ans. Nous sommes allés à sa rencontre afin de discuter de son métier de photographe et du concept de thérapie par l’image.

Quelle est votre vision de la photographie ? 

« Pour moi, la photographie est un moyen d’immortaliser. J’ai un rapport au souvenir très important et c’est la raison principale pour laquelle je fais ce métier ». 

Pour vous, qu’est-ce que la thérapie par l’image ? 

« Très vaste comme principe, on utilise (à mon avis) ce terme pour énormément de choses. Mais pour faire simple, je dirais que c’est un moyen d’aller bien grâce à la photographie. Qu’on soit devant l’appareil, derrière ou juste spectateur de l’image finie ». 

Considérez-vous vos photos comme de la thérapie par l’image ? 

« Non pas réellement. Chaque client et projet personnel est différent et ne s’inscrit pas automatiquement comme thérapie par l’image ». 

Vous faites beaucoup de nus. Quel est votre rapport aux corps dans la photographie ?

« J’ai un rapport totalement neutre aux corps. Pour moi, la nudité n’a rien de « particulier » et je ne considère pas cela si différent d’autre chose. Je n’ai aucun tabou à ce sujet et je ne veux pas qu’on mette le nu dans une catégorie « originale » ou autre. Parfois, pour un projet, le nu est plus joli ou percutant. Parfois, c’est plutôt le portrait… Il faut le voir comme ça ».

Vos photographies, notamment vos nus, représentent la diversité des corps au travers de la diversité de vos modèles. Est-ce volontaire ? Choisissez-vous vos modèles pour celà ?

« Alors je pars du principe que tout le monde peut poser nu, je ne recherche pas d’idéal, ni à photographier qu’une seule catégorie de personne. Donc si ma clientèle est diversifiée, tant mieux 🙂
Pour les modèles que je choisis pour des projets personnels, je ne les choisis pas pour leur apparence, mais plutôt leur fiabilité, disponibilité etc.. (Pour le nu)
».

Vous faites également beaucoup d’auto-portraits. Est-ce que cela est une forme de thérapie pour vous ?

« Ça l’a été quand j’étais lycéenne oui, ça m’a permis d’acquérir de la confiance en moi ». 

En juin 2018, Maelys dévoilait un projet intitulé « J’ai peur d’aller dormir ». Ce projet, élaboré sur 7 à 8 mois, à partir de témoignages, est composé de deux séries de photographies mettant, respectivement, en scène des cauchemars et des phobies. Ce projet met en avant des troubles du quotidien, régulièrement traités avec des professionnels de la santé mentale, et se base sur des témoignages. Il semble alors relever de la thérapie par l’image. Nous avons donc posé quelques questions à Maelys afin de comprendre ce projet, sa démarche et les résultats d’un tel travail. 

En quoi consiste votre projet « J’ai peur d’aller dormir » ? 

« Ce projet met en scène des maux quotidiens qui sont les phobies et les cauchemars. Le but étant de présenter ces images comme un témoignage. Je ne voulais pas créer des images trop sombres, ni faire de photomontage, mais rester dans la limite du « reportage » ».

Que représente ce projet à vos yeux ? Pourquoi avez-vous décidé de réaliser ce projet ?

« Ce projet a été réalisé dans le cadre de mon projet de fin d’étude en 2018. Il fallait créer une série à partir de la phrase « faire autrement » ». 

Vous traitez des phobies et des cauchemars dans ce projet. Comment vous êtes-vous approprié ces concepts ? 

« Je souffre de beaucoup de phobies et pendant une période, je faisais aussi énormément de cauchemars donc c’est quelque chose que je vivais pas mal au quotidien ». 

Les modèles apparaissant sur les photographies étaient-ils réellement phobiques ou illustraient-ils les phobies d’autres personnes ? 

« Tout dépend, certains ont posé avec leur phobie, d’autre non. J’étais limitée dans le temps pour faire ce projet comme c’était dans le cadre de mes études. Donc j’ai fait avec les moyens du bord ».

Lorsqu’ils étaient réellement phobiques, comment avez-vous mis suffisamment vos modèles en confiance pour face à leurs peurs ? 

« Pour ceux vraiment phobiques, ils participaient à l’entière mise en place de la séance. Cela permettait de créer un gros fossé entre la réalité et la phobie ». 

Considérez-vous ce projet comme de la thérapie par l’image ? Était-ce un but lors de sa réalisation ? 

« Alors oui, on peut le considérer comme tel. Beaucoup de spectateurs du projet se sont sentis « visibles » et moins seuls en voyant leur phobie représentée et ça leur à fait du bien. Également pour ceux ayant réussi à poser avec leurs phobies ! ».

Emma-Iris Roussillon

Si vous avez apprécié cette Interview et que voulez en découvrir plus sur le travail de Maelys, vous pouvez la retrouver sur Instagram, sur Facebook, sur sa chaîne Youtube ou sur son site Internet.

Retrouvez également quelques clichés de son projet « J’ai peur d’aller dormir » et bien d’autres photographies dans notre exposition virtuelle.

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